Quelle est la menace des puces et des tiques sur l’animal ?
Les puces et les tiques sont des ectoparasites qui nuisent à la santé et au bien-être des animaux domestiques (mais également des êtres humains).
Tout savoir sur les puces et les tiques1
- Les puces sont des insectes piqueurs présents toute l’année car leur cycle a lieu principalement à l’intérieur des maisons2. Ces parasites externes peuvent se retrouver chez les chats, les chiens et les autres animaux. Ils peuvent également piquer l’Homme. Une puce femelle peut pondre jusqu’à 50 œufs par jour. Les œufs tombent au sol puis ils se transforment en larves. Ces dernières se cachent à l’abri de la lumière (dans les tapis, les moquettes, les planchers…). Une fois transformées en cocons (ou pupes), elles peuvent attendre jusqu’à 6 mois. La chaleur et les vibrations qui imitent le passage d’un animal favorisent l’émergence des jeunes puces adultes. Ce sont les puces adultes (seulement 5 %) que l’on retrouve dans le pelage de votre animal de compagnie et elles font un repas sanguin par jour. 95 % des puces se trouvent dans l’environnement sous forme immature. Le fait de traiter votre chien contre les puces ou de traiter votre chat contre les puces peut s’avérer alors nécessaire.
- Les tiques sont des acariens qui affectent les animaux domestiques et qui sont dangereux également pour l’Homme. Elles prolifèrent dans les hautes herbes et les buissons. Tous les stades (adultes, larves, nymphes) se fixent sur le pelage de votre animal de compagnie, notamment sur les zones de peau fine comme les oreilles, l’aine ou encore les espaces interdigités et se nourrissent de son sang. Ces acariens s’accouplent sur l’hôte ou au sol et les œufs sont pondus au sol. Le cycle peut durer plusieurs mois à quelques années. Vous trouverez généralement les tiques au printemps et à l’automne lors de températures fraîches et humides3. Toutefois, comme les hivers sont de plus en plus doux en France, il n’est pas rare de devoir traiter votre chien contre les tiques ou de traiter votre chat contre les tiques pendant les mois hivernaux. Certaines espèces de tiques peuvent même réaliser leur cycle dans les maisons.
Les dangers pour la santé de l’animal
L’infestation de puces sur le pelage de votre animal peut lui causer de fortes démangeaisons et amener à des lésions de grattage et à des surinfections. S’il est allergique à la salive des puces, il peut développer une Dermatite Allergique aux Piqûres de Puces (DAPP). Une perte de sang importante (anémie) est possible chez les jeunes animaux et les plus âgés lors d’une infestation massive. Les puces peuvent également transmettre des vers digestifs, le Dipylidium caninum mais également la bartonellose, la maladie des griffes du chat qui se révèle être transmissible à l’Homme.1
Les tiques sont dangereuses pour les animaux, car elles peuvent transmettre des maladies vectorielles comme la piroplasmose ou babésiose provoquant de la fièvre, un abattement, des urines foncées et un ictère (muqueuses jaunes).1 L’ehrlichiose cause de la fièvre et une atteinte de l’état général. La maladie de Lyme ou borréliose est une maladie transmissible à l’humains et engendre principalement de la fièvre et des douleurs musculaires. La morsure d’une tique peut également provoquer une réaction locale (granulome inflammatoire) pouvant s’infecter et se montrer douloureux. Enfin, une anémie est possible en cas d’infestation massive.
Une protection primordiale mais raisonnée
Le traitement de votre animal contre les puces et les tiques peut avoir lieu toute l’année, car il est important qu’il soit protégé contre ces parasites vecteurs de maladies graves et qui causent des symptômes de mal-être. Toutefois, cela ne doit pas être systématique. En effet, vous devez prendre en compte différents paramètres et notamment les conditions de vie du chien (canidé vivant en extérieur, activités de chasse, vacances, balades en forêt régulières…) ou du chat (petit félin ayant accès au jardin). Ce sont d’ailleurs les recommandations de l’ESCCAP* pour assurer une protection optimale et limiter les effets néfastes sur les écosystèmes.
Quel antiparasitaire pour protéger l’animal toute l’année ?
Il est important de protéger votre animal contre les puces et les tiques. Différents produits sont disponibles et il est essentiel de prendre en compte l’espèce animale, son âge et son poids pour éviter un surdosage pouvant conduire à une intoxication.
Un traitement antiparasitaire (puces et tiques) adapté à l’animal
Il est possible de donner un antiparasitaire externe à votre animal qui agit aussi bien sur les puces que sur les tiques. Celui-ci peut alors contenir un insecticide qui tue les puces mais également un acaricide qui tue les tiques. La formulation doit idéalement pouvoir agir sur les puces immatures présentes dans l’environnement et détenir une action répulsive pour limiter le risque de transmission des maladies par la morsure ou la piqûre. Toutefois, sachez qu’en fonction du mode de vie du chat, il peut être envisagé de le traiter uniquement contre les puces. Il existe différentes formes galéniques qui détiennent leur propre durée d’action : pipette antiparasitaire, comprimé à croquer, collier antiparasitaire, spray ou encore shampooing. Le vétérinaire ou l’ASV peut conseiller sur le produit le plus adapté.
Les facteurs à prendre en compte
Le traitement antiparasitaire externe dépend de l’âge et du poids de votre chien ou de votre chat. Il n’est pas le même si vous devez traiter un chiot contre les parasites ou bien traiter un chaton contre les parasites. D’autres facteurs sont également à considérer comme le mode de vie de votre animal de compagnie et l’environnement dans lequel il vit. Bien entendu, il est extrêmement dangereux d’utiliser un antiparasitaire externe pour chien sur un chat (et inversement).
Quelles sont les bonnes pratiques pour une protection efficace ?
Une bonne protection contre les parasites externes passe par la mise en place d’un calendrier antiparasitaire établi par un vétérinaire et qui tient compte de nombreux paramètres. L’environnement et une surveillance du pelage ne doivent surtout pas être oubliés.
Le maintien du calendrier antiparasitaire de l’animal
Le vétérinaire vous conseillera en fonction de la galénique choisie et établira avec vous un calendrier antiparasitaire personnalisé. Sachez que certains antiparasitaires possèdent une action dans l’environnement sur les stades immatures des puces4. Comme les parasites externes peuvent être présents tout au long de l’année, il est judicieux d’agir autant sur la protection que sur la surveillance. Le praticien peut également vous recommander de vermifuger votre animal contre les vers ronds et les vers plats.
La prévention des infestations dans l’environnement
Comme les puces immatures sont très présentes dans l’environnement, il convient de procéder régulièrement à un nettoyage du logement. Vous devez aspirer et désinfecter les sols avec un produit adapté et laver les coussins, les couchages et les couvertures. En cas d’infestation massive dans la maison, l’utilisation d’un fogger ou d’un spray insecticide pour l’habitat est nécessaire. Toutefois, des précautions s’imposent pour les animaux du foyer.
La surveillance du pelage de l’animal
Tout d’abord, la séance de brossage est un bon moment pour vérifier l’état de la peau et des poils de votre animal. Vous pourrez ainsi voir s’il y a des puces, des crottes de puces et/ou des tiques. À chaque retour de balade, pensez aussi à examiner son pelage. Au moindre doute, prenez un peigne à puces et essayez de capturer quelques points noirs. Déposez-les sur de l’essuie-tout et versez quelques gouttes d’eau. S’ils deviennent rouges, ce sont des crottes de puces (sang digéré). En revanche, si vous apercevez une tique, vous devez la retirer à l’aide d’un crochet tire-tique.
*Comité Scientifique Européen d’études des Parasites des Animaux de Compagnie. Ce comité d’experts émet des recommandations européennes relatives au traitement des maladies parasitaires des animaux de compagnie.
Sources :
- Site ESCCAP France : https://www.esccap.fr/ (opens in a new tab)
- Gracia MJ, Calvete C, Estrada R, Castillo JA, Peribáñez MA, Lucientes J. Fleas parasitizing domestic dogs in Spain. Vet Parasitol. 2008 Feb 14;151(2-4):312-9.
- Földvári G, Farkas R. Ixodid tick species attaching to dogs in Hungary. Vet Parasitol. 2005 Apr 20;129(1-2):125-31.
- RCP des principales spécialités antiparasitaires disponibles sur le marché »